Et hop, c'est reparti! Le second volet de notre projet "voyage et partage" a commencé début octobre 2012.
Après un petit temps pour revoir les amis et la famille, "remplir" le porte-monnaie en faisant les saisons, nous avons repris la route! Avec la même idée en tête nous partons pour l'Afrique pour une durée de huit mois. Bien décidés à échanger avec des collègues étrangers, travailler avec eux mais aussi vagabonder encore et encore avec la même soif de rencontres et d'aventures, nous reprenons la route!
Nous sommes descendus en stop à Toulouse où nous avons pris l'avion pour notre première destination. D'ici quelques jours nous arriverons au "pays des hommes intègres" : le Burkina Faso.
En route, il ne fait pas très chaud mais bon c'est l'une des dernières fois que l'on sort le pull avant bien longtemps... Nous galérons pas mal (une bonne heure d'attente en moyenne et un faux départ), des gens ont même la bonne idée de nous lancer une bouteille vide dessus depuis leur voiture!
Malgré ça, que de belles rencontres une nouvelle fois qui surpassent de loin ces petits désagréments!
Près de Bordeaux, en cherchant un petit coin pour poser la tente, nous rencontrons une famille adorable qui nous accueille chaleureusement sous son toit et nous offre un bon repas.
Très bon séjour aussi chez nos couchsurfeuses toulousaines pendant deux jours.
Nous nous envolons le 15 octobre.
Jojo est ravi, il va voir du pays encore une fois!
Six heures plus tard nous atterrissons à Ouagadougou. Déborah, une amie, nous reçoit royalement chez elle.
Nous passons deux jours avec la petite famille que nous retouverons plus tard lors de nos interventions dans la capitale.
Après une adaptation expresse à la chaleur étouffante, nous sommes prêts à découvrir l'ouest du pays.
Première escale: le village de Boromo.
Nous trouvons une chouette petite auberge, où Sol s'amuse à jouer à Juliette!
Mais attention un petit monstre monte à l'assaut de sa tour...
Tout va bien, c'est la petite Awa, avec qui elle sympathise bien vite.
champs de coton.
Nous rencontrons des forgerons. Nous restons un moment à les regarder, ébahis par le travail qu'ils font.
Il fait près de 40°C en temps normal mais près du foyer constamment alimenté, c'est une vraie fournaise!!!
Nous avions entendu parler d'une association qui commence à faire du bruit au pays :
"Les grandes personnes". Nous découvrons leur travail avec bonheur.
Ils fabriquent des marionnettes géantes et montent des spectacles pour diverses occasions.
Ici, Papa (oui oui c'est son vrai prénom!), le jeune garçon de l'auberge, est fier de prendre la pause entre ces deux géants.
Nous avons l'honneur d'assister à une répétition.
Ils abordent différents thèmes afin de sensibiliser la population.
Ici l'hygiène dentaire!
En rentrant de l'école, les enfants sont ravis de trouver un monsieur avec une guitare qui leur joue un petit air.
De Boromo, nous rejoignons Gaoua. La ville ne nous plaît pas trop. Nous peinons à trouver un hébergement à un prix raisonnable, c'est dans une chambre miteuse au fond de la cour d'un maquis (bar dansant) que nous dormirons. Toute la nuit est ponctuée par les aller-venues d'hommes venant "visiter" nos voisines...
Nous découvrons quand même son joli marché et son musée sur la culture du peuple de la région : les lobis.


Heureusement dans le taxi en arrivant, nous rencontrons un jeune homme, Watil, qui nous invite dans son village à trente minutes de là...nous sautons sur l'occasion dès le lendemain.

Un coup de taxi brousse et nous voilà arriver dans un lieu magique...
"Bonne arrivée, bonne arrivée!", nous sommes accueillis par Watil et d'autres personnes sur le bord de la route. Après les salutations chaleureuses (et la famille? et la santé? et le travail?...) nous nous enfonçons dans des sentiers dissimulés dans les champs de mil.
Nous sommes en pays Lobi. C'est une des régions les plus préservées du Burkina et même de l'Afrique de l'Ouest. Les lobis ont réussi à préserver la plupart de leurs us et coutumes, ils sont animistes et accordent une part très importante aux ancêtres et aux esprits. Nous verrons souvent des petits autels qui leur sont dédiés près des maisons.
Contrairement au reste du plat pays, les paysages sont vallonnés.
D'ailleurs, le village s'appelle Gongombiro, ce qui signifie en lobiri, la petite colline.
Nous logeons dans la case du grand frère de Watil, qui est parti travailler, comme beaucoup, en Côte d'Ivoire voisine pour "tenter l'aventure en Côte".
Nous demandons juste deux poutres pour accrocher nos cocons sous les yeux de nos amis peu rassurés mais nous en démontrons la solidité et bien vite tout le monde veut essayer!
Les premiers matins, les gens sont bien étonnés de nous trouver endormis dans ces choses bizarres. Quand nous ouvrons un œil, trois enfants sont postés juste devant à nous regarder!!!
Peu de fois nous ne pourrons être seuls dans le village, enfants et plus grands nous tiennent constamment compagnie.
En attendant le réveil de Solveig je sors mon enregistreur...
Le matin nous aimons aller chercher l'eau à la fontaine.Mais ça ne se fait pas de laisser un invité travailler... Bien souvent un enfant est commissionné pour nous servir mais nous ne pouvons nous empêcher de l'aider.
Comme Watil a beaucoup de choses à faire à Gaoua, c'est son ami Paulin (ici à gauche) qui prend soin de nous durant notre séjour. Il nous fait visiter son village, nous apprend les coutumes lobis et les quelques mots qui nous permettront de communiquer avec les gens que nous rencontrons.
Des anciens du village, la famille, les enseignants, les cousins, le balafoniste...les rencontre sont nombreuses malgré la barrière de la langue, heureusement Paulin est souvent là pour faire la traduction.
Air de balafon :
Les maisons s'appellent des sukulas. Elles sont construites selon un schéma bien défini. Chaque femme a sa chambre, où elle dort avec ses enfants. C'est aussi là qu'elle fait à manger. Ces véritables petites forteresses en terre avaient autrefois, outre la fonction résidentielle, une fonction défensive.
Les qualités d'une femme se mesurent dans sa cuisine mais aussi dans la propreté de sa chambre.
Chaque chambre a un accès privé sur le toit, où les femmes font
sécher les condiments.
Les hommes n'ont pas de pièce réservée, leur lieu se trouve sur une partie du toit.
Voici une partie de la famille de Paulin dans la cour.
Une des traditions est de passer de maison en maison pour boire le "tan". C'est la bière de mil qui se boit tiède dans une calebasse.
Le premier jour nous sommes invités à boire le tan dans un village voisin, à Doudou. Au coeur d'un marché se trouve pleins de petites paillotes où les gens viennent boire le tan (que les dioulas appellent le dolo). Les jours suivants cette boisson nous sera souvent proposée quand nous irons rencontrer les gens du village de maison en maison.
Notre expérience du mazoto au Pérou, ou de la chicha en Bolivie, nous a donné quelques réticences!!!
En réalité, c'est bien meilleur et notre petit ventre fragile le supporte mieux. C'est le métier qui rentre!!
Les villages des lobis sont très étendus et chaque famille construit sa maison loin des autres. A cette saison le mil est très haut est souvent nous ne distinguons pas les autres maisons du village qui sont souvent à plusieurs centaines de mètres. Heureusement Paulin nous guide dans ce vrai labyrinthe.
C'est bientôt le départ et nous reprenons la route, après avoir remercié longuement nos hôtes et but une dernière fois le "tan". "Bon voyage!" nous lancent nos amis.
Au bord de la piste, nous attendons un hyopothétique camion ou un taxi brousse, plusieurs passent pleins à craquer. Finalement Paulin réussit à arrêter un camion benne, nous sautons à l'arrière où se trouvent aussi quelques personnes et nous quittons les lobis.
Arrivés à Gaoua nous troquons notre camion pour un taxi brousse déglingué et la route continue!
Nous allons "bouffer de la piste" pendant quelques temps jusqu'à Banfora
(sept heures...). Finalement le sable a du bon, plus de couleur de peau
nous sommes tous tout rouge et collants!
Nous arrivons à Tangréla, petit village près de Banfora.
Une fois encore nous constatons l'énorme différence entre un village qui voit débarquer des flots de touristes (bien qu'avec les "évènements au Mali" la saison touristique soit des plus calmes depuis un moment) et un village préservé comme Gongombiro.
L' accueil des habitants n'est pas des plus aimables, il semble que "le blanc" soit un billet ambulant qui distribue de l'argent et des bonbons à tout va, rien d'autre...
Par chance, nous trouvons un campement tenu par une famille très sympa qui nous fait oublier cela et nous passons d'heureux moments à leurs côtés...
à puiser de l'eau....
se familiariser avec leurs animaux de compagnie...
J'espère que ça ne mord pas quand ils sont petits!
savourer la belle musique des virtuoses balafonistes...
Un soir c'est la grande fête musulmane, le tabaski (l'aïd al kébir),célébrée en trombes dans tout le pays. Un jour Dieu ordonna à Abraham d'égorger son fils pour lui prouver qu'il l'aimait par dessus tout. Abraham s'exécuta mais au dernier moment Dieu demanda à l'ange Gabriel de substituer l'enfant par un mouton.
Cet évènement est commémoré chaque année dans le monde musulman, on tue le mouton et on le partage avec ses voisins, ses amis, des voyageurs de passage en faisant la fête.
Pas toi, t'es trop beau!
Nous partons aussi à la découverte du village
Un jour, au petit matin, nous partons avec un villageois pour débusquer les fameux hippopotames du lac de Tengréla, des crottes énormes qui flottent mais pas de mastodontes (c'est la saison de reproduction, cachés dans les hautes herbes au fond du lac ils n'aiment pas être dérangés en cette période et sortent très peu).
La balade avec le soleil qui de lève vaut quand même le détour. Tout est calme...
Au retour, petit air de musique avec la kora miniature d'Adama!
Nous poursuivons bientôt vers Sindou, en pays Sénoufo, réputé pour ces fameux pics, "les pics de Sindou". Nous nous rendons sur le lieu avec un guide qui nous explique l'arrivée et la vie de ce peuple pacifiste.
Parait-il que le beurre de karité badigeonné avec soin sur l'anus des
animaux les empêcher d'émettre un son (du moins pas la bouche...mais
celui ressortait par derrière...) lorsque l'ennemi arrivait! Du coup "pas vu
pas pris", les sénoufos restaient cachés!
Là aussi le touriste a fait ravage, les gens sont méfiants à notre égard. La méfiance des sénoufos vis à vis de tout étranger n'arrange pas les choses...
Un soir à l'auberge, qui est aussi un centre pour les orphelins et les enfants défavorisés, nous rencontrons Mahamoud.
Prostré à la même place il nous regardait depuis la veille, la conversation s'engage et très vite ses larmes affluent quand il prononce les mots "papa et maman".
Il nous conte son exode du haut de ses neuf ans.
Arrivé récemment au Burkina pour échapper aux troubles qui sévissent dans sa région, près de Tombouctou, il est placé dans cette structure. Seul, loin des siens qui sont retournés là-bas...
"Quelle connerie la guerre." lui murmurerait peut être Prévert s'il eût été là.
Elle tue, fait souffrir et grandir les enfants trop vite...
Sol sort sa trousse aux mille crayons de couleur pour qu'il dessine le visage du bonheur, moi ma guitare.
Quelques dessins et chansons plus tard Mahamoud retrouvent le sourire et chantent longtemps sans s'arrêter en compagnie de son nouvel ami Ahmed, le petit orphelin.